La Mongolie ou l’amour à tout épreuve

Il faut le dire, ce fut un voyage incroyable, et même plus, une lune de miel originale. Oui mais voilà, ce fut un voyage plus que roots, ce fût un voyage à haute teneur en crasse, en bestioles et en mauvaise nourriture ! Autant dire qu’il faut bien se supporter avant de tenter la Mongolie…


Le test de propreté
wash your hands

Crédit photo : http://www.hospitalmanagementasia.com

Pas de douche, pas de WC (enfin, un trou dans le sol), en fait, pas de salle de bain. Nous avions seulement accès soit au point d’eau du coin (et encore, même quand c’était possible l’eau était chauffée au feu de bois et donc brûlante…) soit aux magnifiques inventions que sont les lingettes et gel désinfectants (uniquement pour les mains). Et puis, il faut savoir également que lorsque l’on dort chez l’habitant, il faut participer aux tâches quotidiennes, en l’occurrence, pour une femme, traire les vaches et faire la cuisine, le tout sans se laver les mains 🙂

Une fois passée la barrière de la propreté, encore plus dans l’intimité, on peut déjà se dire que notre moitié est bien attaché à nous 🙂 Bah oui, les cheveux gras, la mauvaise haleine et les poils sous les bras et sur les jambes, et bien, c’est tout sauf glamour (surtout pour une lune de miel).

Il faut aussi beaucoup d’attachement pour endosser le rôle de « mur vivant » pour nous cacher pendant les « pauses pipi » en plein milieu de nulle part où seuls sont présents le guide et le chauffeur (et oui, on n’a pas toujours envie de partager ces moments avec beaucoup de monde mais vu qu’il faut formuler une demande expresse pour s’arrêter pour ces pauses, et bien, il est difficile de passer inaperçu…).


Le test de la nourriture
Nouille mongolie

Crédit photo : Uniterre

Pour poser le décor, M. Déclic mange à peu près de tout (sauf les bananes) alors que moi, c’est un peu plus embêtant, pas de viande sauf steak haché archi-cuit, blanc de poulet et confit de canard, et encore, à condition qu’il n’y ait pas de gras (la relou quoi). J’ai un peu de mal en plus à tester les animaux locaux genre yak… C’est un point purement psychologique et je l’admets bien volontiers mais j’ai du mal à manger nos amis les bêtes. Le test ici à consister pour M. Déclic à être patient, très patient et à écouter mes complaintes à ce sujet…

Et il a passé le test haut la main ! Pourquoi ? Parce qu’au final, lui aussi a eu du mal avec la nourriture locale et donc on s’est plaint mutuellement 🙂

En effet, l’un des principaux ingrédients de base est le lait et les mongols font tout avec (biscuits mous ou durs, boissons et même un genre de pâte à tartiner faite avec la partie du lait qui, une fois portée à ébullition, forme une petite couche à la surface….). Le deuxième ingrédient phare est la viande (mouton ou boeuf mais jamais les petits (veau ou agneau), ni le poisson ni ce qui vole). Il s’agit principalement de petits morceaux de viande séchée, composés à 9/10 de gras et à 1/10 de viande… Ils sont utilisés dans « le » plat traditionnel composé de nouilles à base de farine et d’eau ainsi que de ces fameux morceaux de viande/gras. Un régal…

Nous sommes tout de même parvenus à « déguster » des genres de momos une fois (près de Moron). En revanche, nous avons quand même eu droit à « un » bon repas lors de notre nuit dans la vallée de l’Orkhon, où nous avions acheté en chemin du mouton, que le chauffeur à fait cuire sur des pierre chaudes ramasser en route, dans le poêle de la yourte. J’en ai même mangé tant j’étais affamée… (alors que je déteste le mouton). Par contre, on a mangé avec les doigts et les restes d’os grignotés sont remis avec ce qui reste encore à manger.

C’est pourquoi nous avions chacun une barre protéinée par jour par personne. Et oui, on avait prévu le coup avant l’arrivée…

Côté boisson, ce n’est pas fameux non plus mais nous remercions particulièrement coca cola, qui nous a quand même sauvé la vie. Les boissons à base de lait, à la fin… on en pouvait plus et encore plus l’Airac (le lait de jument fermenté) qu’il faut partager avec tous les habitants d’une yourte en buvant dans la même tasse (évidemment, tout le monde est très propre 😉 ).


Le test des bestioles

Là, j’ai cru que j’allais perdre M. Déclic et qu’il allait finir par m’en coller une tellement j’étais chiante. Mais j’espère bien trouver une âme compatissante parmi les lecteurs/lectrices. En effet, il faut savoir qu’une yourte n’est pas du tout hermétique puisque de tout façon, il y a trou au plafond pour la cheminée du poêle (élément vital pour survivre aux nuits glaciales en Mongolie). Puis, chaque famille « ancre » sa yourte comme il l’entend et donc plus ou moins bien. Il y a donc parfois des passages au niveau du sol.

Il faut ajouter à cela la diversité des petites bêtes que l’on peut rencontrer en Mongolie. Nous avons fait le trajet Nord-Sud, ce qui nous a fait découvrir autant de paysages que de bestioles. Enfin, toutes les bestioles sont attirées par la chaleur la nuit, donc la yourte…

Ainsi, au nord de la Mongolie, nous avions droit à des bestioles grosses comme des coccinelles mais très dur à écraser (avec un bruit genre « j’ai écrasé un cafard » en cas de réussite). Au centre, nous avons eu droit en plus à des rongeurs qui traversaient la yourte mais également à des grosses araignées (pattes et corps fins mais très très grandes). Au sud de la Mongolie, c’était plutôt les scarabées qui se cachaient en journée dans les yourtes et tentaient d’en ressortir la nuit tombée. Oui mais le problème, c’est que le sol était recouvert d’un grand morceau de lino en forme carré… Pas besoin de faire un dessin, vu que la yourte est ronde et que le lino est carré, en essayant de sortir, ils glissent, et donc nous avons eu droit aux crissements désespérés des scarabées qui tentaient de s’échapper de notre yourte.

Donc, autant dire qu’à un moment, j’ai commencé à péter un câble (assez vite d’ailleurs) car entre les bestioles noirs qui tombent du plafond de la yourte, les araignées qui font un sitting sur toute la paroi de la yourte, les rongeurs et autres, je n’arrivais plus à dormir (sachant que chez l’habitant, on dort tous au sol avec son sac de couchage). Or M. Déclic, lui, arrivait à dormir… Grand chanceux. En fait, je crois que j’aurais vraiment préféré une tente Quechua bien hermétique !


BILAN

Il m’a gardée quand même 🙂 Donc mesdames (et messieurs), tout est possible ! Et puis malgré tous ces désagréments, nous étions vraiment contents d’avoir fait un tel voyage – les paysages sont réellement grandioses. Après, je ne vous cache pas que nous ne le referons pas une deuxième fois !

 

4 Comments

  • Moon dit :

    Je suis tout à fait d’accord que c’est un voyage hors du temps que d’aller en Mongolie, les paysages sont magnifiques et la steppe est immense. Par contre, voyager veut également dire s’adapter, et je sais que certains ont de la peine avec ça.
    Etant à moitié originaire de ce pays, je trouve ce témoignage très juste, l’ayant vécu moi-même. Le seule point négatif que je trouve dans tout cela, est que tu fais passer le peuple nomade pour des gens sales, voire presque barbare et illettrés. Ce qu’il ne faut pas oublier de dire est que la gentillesse et le sens de l’hospitalité immense de ces familles simples est quelque chose qu’on ne retrouve quasi jamais en Europe. Ils offriraient ce qu’ils ont de plus précieux à des visiteurs étrangers, ils accueillent tout ceux qui passent, même à l’improviste, ils sont joyeux, jouent aux cartes, aiment rire et sont authentiques. Ils ne cachent pas leurs sentiments. Leurs connaissances en médecine sont très développées, ils aiment leurs animaux et en prenne bien soin.

    J’ai vécu sans toilettes, sans électricité, avec des bestioles, avec de la viande trois fois par jour, sans intimité, à dormir à même le sol.
    Tout ça n’est qu’une question d’habitude.

    Et par dessus tout, c’est en vivant des expériences comme celles-ci que l’ont apprend à vraiment apprécier le confort, même minime, dont nous disposons tous les jours.

    • Jessica dit :

      Bonjour, Je suis désolée que tu aies interprété mon article comme tel mais ce n’était pas du tout l’objet. Il faut le remettre dans son contexte qui est le bilan de notre lune de miel (à mille lieux d’une lune de miel « classique ») qui a été certes incroyable mais pas forcément le meilleur choix (rétrospectivement 😉 ). Je ne juge pas du tout, bien au contraire, si tu consultes d’autres articles du blog dans lequel je peux décrire la vie des gens, je ne les traite jamais de personnes sales ou autres. Pour avoir souvent dormi chez l’habitant je suis toujours ébahie de leur mode de vie simple et je suis la première à apprécier d’autant plus, comme tu le mentionnes, notre confort même sur des petites choses et à relativiser. C’est juste que pour notre lune de miel, j’ai fait ce bilan qui correspondait parfaitement à notre ressenti dans le couple uniquement mais sans juger. Faire ce type de voyage hors lune de miel est un tout autre état d’esprit je pense.

  • Aurélie dit :

    Je ne suis jamais allée en Mongolie, mais la végétarienne phobique des cafards que je suis hésite maintenant grandement ^^

    • declicdevoyage dit :

      Ahah, je te comprends. Mais ça reste quand même un pays à faire au moins une fois, tellement c’est hors du temps ! Mais rétrospectivement, j’aurai préféré dormir sous une tente 🙂 Pour la nourriture, là, rien à faire… c’est l’occasion de faire une cure de détox 😉

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